"Mais que me demandez-vous ? de parler de ma peinture, de mes peintures, de moi-même.
Je pourrais peut-être en écrire, peut-être à ce jour.
Ce que je vis quand je peints : je ne vis pas, je vole, m’envole probablement, je rentre chez moi là où je suis sauve et n’ai de comptes à rendre à personne, ne dois me défendre, ni me faire une place.
Dans ce monde autour de moi, je ne suis qu’une microscope petite mini petite chose à qui a été donnée la vie avec un amour simple et qui essaye de reproduire la vie instinctivement par des moyens et pour des raisons simples.
Je deviendrai ermite le jour où mes amours me seraient enlevées, car sans elles, je n’aurais plus à, ne pourrais plus rentrer chez moi. Je n’aurais plus à parler, plus à penser, plus à sentir. Je survivrai, oui, car, ce qui me poursuivrait toute mon existence consciente est ce que le populaire veut art, le cultivé veut culture et que le naïf veut vie.
Vie, je veux peindre vie or je peints souvent mort. Vie Mort Vie Mort Vie Mort Vie Mort, hé oui, je ne suis qu’une microscope petite mini petite chose qui tente de s’exprimer.
Or, l’art de la belle parole ne m’a pas été transmise ou aurait été meurtrie. Ces quelques adultes si grands et imposants mais finalement ô si laids m’auraient coupés la langue et faire baisser les yeux. Les ignares.
Je peints, j’écris. Je révolte, j’exprime. J’aime. Je suis heureuse, J’ai mal, je suis triste. J’ai sommeil, envie de dormir, de me sentir partir. De me dire que le monde peut s’écrouler, sauf là et là et là et là.
Qui est l’homme pour qu’il se permette de créer, de tuer et de mutiler pour le plaisir. Il fait mal plus qu’il ne fait bien. Faire bien dure bien plus de temps que faire mal, impatience est loi.
J’aimerais avoir les pouvoirs pour faire bien, pour réparer et pour arrêter. Je ne sais pas hurler. Grand défaut car les méchants hurlent et sont sourds.
Alors je parle,je hurle, je chante, je raconte, me fait écouter et partage, sur toile à coups de brosse.
C’est cela ma peinture, mes délires.
Et au plus de temps que je peints, au plus de choses que je peux dire, avec des accents, des tonalités différentes, des niveaux d’intensité de plus en plus errants et ciblant.
Ce qui m’empêche d’être prise au sérieux, c’est que je ne serai jamais adulte."

 Respect, ouverture d’esprit, la joie et volonté de vivre, une certaine rudesse, des opinions subtiles, critiques contre l’injustice et la cruauté humaine.
Tant de valeurs que l’artiste libère sur toile par coups de brosse quelque peu violents, non conventionnels.
Chaque millimètre de couleur s’écrie de ce que l’artiste ressent.
Des sujets, objets ou messages, parfois volontairement mis en scène, parfois non. C’est alors l’état d’âme de cet instant même qui provoque la muse et commence alors une longe route vers l’image « juste » dans la tête et dans les tripes.
Faire le vide de soi-même, ne plus exister que pour la réalisation de la peinture, la peinture est comme une drogue.

Née à Haarlem (NL) en 1964, l’artiste partage sa vie entre Edinburgh (Ecosse) et le Lot et Garonne (F).
Elle a travaillé de nombreuses années à l’échelle internationale.
Cette vie sans frontières suit son cours sur toile.